S. E. Pilar de Aleman Embajadora de Panamá en Francia

S.E. Maria Del Pilar AROSEMENA DE ALEMAN, Ambassadeur de Panama en France

Mots de bienvenue de l’Ambassadeur du Panama en France, Son. Exc. Madame Pilar de Aleman

Le rôle fondamental d’un Ambassadeur est double : d’une part, il doit montrer une bonne image du pays et renforcer les liens avec le pays d’accueil, et d’autre part, d’un point de vue pragmatique, il doit réussir à ce que la balance des paiements soit le plus favorable possible à son pays ou pour le moins équilibrée.

Si je pense à ces deux missions, l’enjeu pour moi en France est grand tant l’image du Panama, en France ainsi que pour ces dirigeants, est celle d’un pays qui souhaite seulement vivre comme un paradis fiscal. Et d’un point de vue de la balance des paiements, étant le Panama un pays qui n’a pas de ressources naturelles majeures ni de grandes industries, et la France étant grand pays avec un savoir-faire technologique et industriel impressionnant, nous savons qui est ici le gagnant…Et pour être claire, je dois dire qu’en tant qu’Ambassadeur, je m’en réjouis puisque nous bénéficions du savoir-faire reconnu français.

Je suis ici pour faciliter ces échanges mais je veux aussi augmenter l’investissement français au Panama. Par chance, j’ai toujours été optimiste et je pense, qu’en dépit d’être un petit pays, nous pouvons travailler pour améliorer ces deux missions dans le futur.

En conséquence, ma première mission en tant qu’Ambassadeur est d’aider à ce que le gouvernement français et ses citoyens changent une bonne fois pour toute l’idée qu’ils ont du Panama comme étant seulement un paradis fiscal.

Dans ce sens, nous devons être claires soulignant que dans le siècle passé, il n’était pas un pêché d’avoir des lois qui cherchent à attirer des grandes entreprises désireuses d’avoir de meilleures conditions fiscales que celles de leur pays d’origine. Ceci est si vrai que de nombreux pays et juridictions en Europe le faisaient également comme Monaco, Andorre, Luxembourg, les Iles Vierges Britanniques, etc. Néanmoins, nous sommes conscients que le monde a changé ; après les attaques du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis avec l’avènement du terrorisme comme une nouvelle forme de guerre, et le déclin économique en Europe et en Amérique dû aux crises financières, la nécessité de réguler les transactions bancaires au niveau mondial est devenu une priorité pour les pays les plus développés.

Au Panama, nous sommes conscients de ces faits et nous savons que le fondement de notre économie doit changer. Nous y travaillons en tant que pays et c’est faire connaître en France notre évolution économique et nos objectifs comme pays qui unit les deux missions qui me concernent comme Ambassadeur. Je suis convaincue qu’en nous dédiant à faire connaître le nouveau visage du Panama au monde ainsi que notre futur économique, nous réussirons simultanément à changer notre image et à attirer davantage d’investissement au pays.

Heureusement pour nous, ces changements dans le Monde ont coïncidé avec le fait que, dans l’année 2000, pour la première fois, le Panama est devenu pleinement souverain de ces principales ressources que sont le Canal de Panama et sa position géographique.

Dans le siècle passé et étant le Panama un petit pays sans majeures ressources, nous avons dû être créatifs pour survivre et nous distinguer. Nous l’avons fait à travers des lois sur les sociétés anonymes, les pavillons de complaisance, etc.

Maintenant, en étant pleinement propriétaires de nos actifs, nous avons lancé le changement de la nature de notre économie pour la transformer en une économie au service des échanges commerciaux dans les Amériques. Ceci, comme beaucoup d’entre vous l’ont vu, nous le faisons par différents moyens :

  • L’élargissement du Canal pour accueillir des navires plus grands qui puissent transporter une plus grande quantité de conteneurs.
  • La construction de Ports du côté Atlantique et Pacifique du Canal qui puissent offrir des services aux navires permettant le transbordement des conteneurs, le stockage des marchandises et/ou leur renvoi vers d’autres destinations à travers des conteneurs plus petits.
  • L’aéroport international de Tocumen avec les facilités de son hub.
  • Les centres de stockage de la marchandise dans des zones spéciales.
  • La loi qui facilite l’installation des sièges des multinationales qui souhaitent se développer aux Amériques, etc.

Je pense, en conséquence, faire connaître auprès d’un marché ciblé tous ces avantages que nous offrons.

Je vais également dédier une bonne partie de mon temps à promouvoir le tourisme français au Panama (une autre façon d’ajuster la balance des paiements). Ceci je le ferai en cherchant des opportunités pour faire connaître la culture du Panama qui va au-delà des plages et du Canal : nous sommes un pays avec une histoire géologique, précolombienne, coloniale et avec une gastronomie et un artisanat.

Je vois également d’autres opportunités pour faire des échanges avec la France qui bénéficieraient nos deux Nations.

Le principal défi du Président Varela est d’améliorer les conditions de vie de ceux qui en ont le moins. Actuellement, il y a deux réalités : celle que nous vivons dans la ville de Panama et celle vécue dans d’autres zones du pays comme les régions indigènes ou la ville de Colon qui est notre principal port dans l’Atlantique. Pour pouvoir réussir ceci, le Président est dédié à chercher les moyens de réduire la corruption surtout dans le processus de l’appel d’offre pour attirer la participation des entreprises sérieuses et compétentes.

En effet, l’un de nos objectifs est de promouvoir la participation d’entreprises françaises dans le processus d’appel d’offre pour le développement du Panama. Par exemple, je suis d’ores et déjà en contact avec des entreprises françaises pour qu’elle nous aide dans notre étude de faisabilité d’un train léger pour le Panama, etc.

Un autre domaine auquel je souhaite dédier mon temps est faire des connexions entre le Panama et toute l’industrie verte française. Lors de la COP21, la Mairie de Panama était présente et nous avons visité la Galerie de l’Innovation où nous avons pu constater les domaines où les entreprises françaises sont leader : l’énergie, le traitement des déchets, l’eau. Actuellement, nous sommes en train de parler d’organiser une visite de ces entreprises au Panama pour initier un dialogue.

Finalement, nous souhaiterions continuer à promouvoir la coopération entre le système éducatif français et panaméen. Il existe déjà une coopération entre SENACYT et l’agence françaises SFERE qui permet, chaque année, à plus d’une dizaine d’étudiants panaméens d’intégrer les universités françaises au niveau du Master et du Doctorat.

Su Excelencia Maria Del Pilar AROSEMENA DE ALEMAN,
Ambassadeur de Panama en France